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Les aînés créent des emplois et les soins vont changer

Tribune de Genève – Les aînés créent des emplois. Face au vieillissement, les soins vont changer. En quantité, mais aussi en qualité.

Le signe ne trompe pas. Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) viennent d’inaugurer des nouvelles urgences gériatriques, destinées aux patients de 75 ans et plus qui ne sont pas en urgence vitale. Une première en Suisse, voire en Europe. Au rythme actuel, notent les HUG, il y aura 45 000 personnes de plus de 80 ans à Genève en 2040, alors qu’elles sont environ 25 000 aujourd’hui. Sur l’ensemble de la Suisse, on estime que 670’000 personnes prendront leur retraite jusqu’en 2030, soit une hausse de 45%. Comment ces aînés seront-ils pris en charge?

Boom des soins à domicile

Le changement est déjà à l’œuvre. Entre 2000 et 2014, le nombre de professionnels dans les soins et l’accompagnement a crû de 13,9%, tous secteurs confondus. Les détails, publiés dans un rapport de la Conférence des directeurs cantonaux de la Santé (CDS) et de l’Organisation nationale faîtière du monde du travail en santé (OdASanté), montrent l’importance du vieillissement dans cette évolution: l’augmentation du personnel était de 11,9% dans les hôpitaux, 13,2% dans les EMS et 20,8% dans les soins à domicile. On le sait, la main-d’œuvre établie en Suisse ne suffit pas pour répondre à ces besoins. Ainsi, sur cinq infirmiers accédant au marché du travail en Suisse, deux ont un diplôme étranger. Mais attention: nos voisins affrontent les mêmes évolutions et ont les mêmes besoins que nous!

Plus de diplômés

Ce flux d’étrangers risque-t-il de se tarir? Pour les autorités, la formation et le maintien de professionnels dans le secteur de la santé sont des priorités. Avec un certain succès puisque, ces dernières années, les jeunes sont plus nombreux à s’intéresser à ces métiers. Entre 2010 et 2014, le nombre de diplômes de fin d’études a augmenté de 30% dans les professions des soins, de 50% dans les professions médico-techniques (comme la radiologie, l’analyse biomédicale ou les techniciens en salle d’opération) et médico-thérapeutiques (ergothérapeutes, physiothérapeutes, diététiciens…).

Besoins en hausse

La nouvelle est bonne, certes. Mais l’optimisme est rapidement douché: ces efforts sont insuffisants. Selon la CDS et l’OdASanté, les diplômes dans les professions de la santé couvrent à peine 60% de la relève annuelle nécessaire. Côté prévision, l’Observatoire suisse de la santé (Obsan), qui a lui aussi publié un rapport sur le sujet en septembre, annonce un besoin supplémentaire d’environ 65 000 professionnels dans les soins et l’accompagnement d’ici à 2030 (voir graphique ci-contre). Là encore, la hausse la plus forte est prévue dans les soins à domicile (57%) et dans les EMS (44%).

Métiers en mutation

Le changement n’est pas seulement quantitatif. Les professions de la santé sont aussi en mutation. «A l’avenir, on continuera de s’occuper et de soigner les aînés, mais cela se fera autrement, estime Peter Burri, directeur communication et marketing chez Pro Senectute. Les infirmiers n’auront pas forcément le même matériel à disposition. Il faudra peut-être installer des robots, et des gens pour les entretenir.» Laurent Vanhove vit déjà cette révolution domotique. Cet ergothérapeute travaille chez DomoSafety, une start-up de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), qui propose des capteurs pour analyser le comportement des personnes âgées à domicile. Ces appareils, précise-t-il, fournissent des informations objectives sur le comportement des patients. Ce qui permet ensuite au praticien d’adapter la prise en charge.

Nouvelles formations

Des nouveaux certificats voient également le jour. L’apprentissage d’assistant en soins et santé communautaire (ASSC), apparu en 2004, est intégré depuis 2009 dans le système fédéral de formation. Après trois ans de formation, ces diplômés accompagnent et prennent en charge au quotidien des personnes tributaires de soins. En 2010, on recensait 2583 diplômés. En 2014, ils étaient 3710. Après les employés de commerce et le commerce de détail, c’est l’une des formations initiales les plus choisies en Suisse.

D’autres exemples? La première session de l’examen fédéral d’assistant spécialisé en soins de longue durée et accompagnement aura lieu ce mois de novembre. Ces professionnels suivront des patients en gériatrie, en psychogériatrie et en soins palliatifs. Le CFC d’acousticien en systèmes auditifs, d’une durée de trois ans, a débuté cet été. Et l’OdASanté est en train d’élaborer des examens professionnels supérieurs de soins en gérontologie et de soins psychogériatriques.

Responsabilité individuelle

Côté perspectives de carrière, l’OdASanté insiste sur la perméabilité entre les formations. «Les personnes qui obtiennent aujourd’hui un CFC ont toutes les chances de se former plus tard à une profession sanitaire du degré tertiaire», résume son secrétaire général, Urs Sieber. Une façon d’encourager les vocations, même si les spécialistes ne se font pas d’illusions: «Il n’est pas réaliste de penser que la Suisse pourra un jour couvrir ses propres besoins en personnel de santé en se concentrant uniquement sur la formation, relève Annette Grünig, cheffe de projet à la CDS. Il faudra donc trouver d’autres pistes, comme de nouveaux systèmes de prise en charge, et renforcer la prévention.»

hausse des besoins en personnel soignant en Suisse avec des aînés qui vivent plus longtemps

A l’entendre, les aînés eux-mêmes verront leur vie changer. Lorsqu’on lui demande comment la situation pourrait évoluer dans les vingt prochaines années, Annette Grünig prédit que les personnes âgées seront assistées le plus longtemps possible à la maison (avec une aide professionnelle, mais aussi une entraide entre voisins) ou dans des structures ambulatoires. Selon elle, seule une minorité de la population pourra s’offrir un séjour en EMS ou un accompagnement permanent de professionnels. Elle espère que les patients chroniques auront les moyens de gérer leur maladie de manière autonome, ce qui réduira le recours aux médecins. Et de prédire encore que, dans cette configuration, les infirmiers spécialisés joueront un rôle central. Un métier d’avenir, c’est certain.

November 12, 2016 / Posted by / Les aînés créent des emplois et les soins vont changer